Suite à la publication de la loi de finances pour 2011 et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2011, voici une revue de détail des modifications intervenant au 1er janvier 2011 en matière de salaires et de charges sociales.
Salaire, cotisations et contributions
À compter du 1er janvier 2011 :
- le smic est revalorisé de 1,6 %, pour atteindre 9 € brut par heure et 1 365 € par mois (base 35 heures) ;
- le plafond de la sécurité sociale est revalorisé de 2,1 % à 2 946 € par mois ;
- la déduction forfaitaire pour frais professionnels de 3 % applicable sur les salaires pour le calcul de la CSG et de la CRDS ne s’applique que dans la limite de quatre fois le plafond de la sécurité sociale ;
- la contribution au Fnal (Fonds national d’aide au logement), exclusivement à la charge des employeurs, est portée à 0,5 % pour les employeurs de 20 salariés et plus sur la part de salaires supérieure au plafond de la sécurité sociale. Elle reste égale à 0,5 % pour la part inférieure à ce plafond ;
- la déclaration et le paiement des contributions d’assurance chômage et de la cotisation AGS sont transférés de Pôle emploi aux Urssaf ;
- le forfait Apec est supprimé. La cotisation Apec est désormais calculée sur la totalité de la rémunération (dans la limite de quatre fois le plafond de la sécurité sociale), au taux de 0,06 % (0,024 % part salariale et 0,036 % part patronale) ;
- la cotisation patronale « accident du travail » augmente de 0,1 point ;
- le forfait social sur les dispositifs d’épargne salariale (intéressement et participation) est porté de 4 % à 6 %. En revanche, les entreprises de moins de 50 salariés qui verseront un intéressement pour la première fois ou de manière plus importante que l’année précédente au cours de l’année 2011 bénéficieront d’un crédit d’impôt de 30 % au lieu de 20 % ;
- les sommes versées par l’employeur pour le financement de régimes de retraite supplémentaire à prestations définies (régimes « chapeaux ») sont désormais assujetties à la contribution patronale spécifique de 16 % sur les rentes versées, sans franchise. Une contribution salariale sur les rentes est également créée. Pour les rentes versées au titre des retraites liquidées à compter du 1er janvier 2011, le taux de la contribution est de 7 % pour les rentes d’une valeur comprise entre 400 € et 600 € par mois et de 14 % au-delà. Pour les retraites liquidées avant le 1er janvier 2011, la contribution est égale à 7 % pour les rentes d’une valeur comprise entre 500 € et 1 000 € par mois et à 14 % au-delà ;
- le taux de la contribution patronale sur les stock-options et les attributions gratuites d’actions est porté de 10 % à 14 %. Quant à la contribution salariale, elle est relevée de 2,5 % à 8 %. Toutefois, seules les attributions gratuites d’actions dont le montant est égal ou supérieur à la moitié du plafond de la sécurité sociale sont taxées au taux de 14 % et 8 % ;
- l’assiette de la taxe prévoyance de 8 % est étendue aux contributions patronales de prévoyance complémentaire versées au profit des anciens salariés et de leurs ayants droit (dans le cadre de la « portabilité » des droits).
Révision des dispositifs d’aides à l’emploi
Voici les principales nouveautés intervenant au 1er janvier.
- Suppression de niches sociales. Sont supprimées les exonérations de cotisations ciblées applicables :
* à l’avantage en nature repas dans les HCR (hôtels, cafés et restaurants) ;
* à l’aide à domicile employée par une association ou entreprise agréée de service à la personne auprès de publics dits « non fragiles » ;
Est aussi supprimée la réduction de 15 points des cotisations patronales de sécurité sociale dont bénéficiaient les particuliers employeurs cotisant sur l’assiette réelle. Par ailleurs, est introduit un mécanisme de dégressivité dans le calcul de l’exonération de charges sociales accordées aux jeunes entreprises innovantes.
- Aide à l’embauche de seniors. Pour favoriser l’emploi des actifs les plus âgés, une aide à l’embauche sera accordée (décret à paraître) aux entreprises qui embauchent des demandeurs d’emploi de 55 ans ou plus en contrat à durée indéterminée ou à durée déterminée d’au moins six mois.
- Neutralisation des effets de seuil. Le franchissement de seuils de dix et 20 salariés augmente les aux des cotisations sociales calculées en fonction des effectifs. La loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 a neutralisé ces « effets » en les gelant pendant 3 ans (en 2008, 2009 et 2010). Le dispositif est prolongé d’un an, soit jusqu’au 31 décembre 2011.
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Le décret portant relèvement du salaire minimum de croissance (smic) au 1er janvier 2011 est publié au Journal officiel du 18 décembre.
Comme l’avait annoncé le ministre du Travail, Xavier Bertrand, lors de la Commission nationale de la négociation collective du 14 décembre, le smic est revalorisé de 1,6 % au 1er janvier 2011. Son montant horaire passe ainsi de 8,86 € à 9 € en métropole, dans les DOM et dans les collectivités d’outre-mer de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin et de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Le smic mensuel brut, calculé sur la base de 151,6666 heures (35 heures x 52/12), s’établit quant à lui à 1 365 €.
Le minimum garanti (MG) est fixé à 3,36 € au 1er janvier 2011, contre 3,31 € l’an passé.
D. n° 2010-1584 du 17 décembre, JO18 décembre, p. 22321
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Les lois de financement de la Sécurité sociale pour 2011 et de finances reviennent sur les exclusions d'assiette des indemnités de rupture en matière sociale et fiscale.
Mise en oeuvre d'un plafond spécifique aux cotisations de Sécurité sociale
Les indemnités de rupture versées en 2012 seront assujetties pour la fraction qui dépasse la valeur de 3 plafonds annuels de la Sécurité sociale (soit 106056, valeur du plafond 2011).
Les indemnités actuellement intégralement exonérées (indemnités de licenciement versées dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi, PSE, et les indemnités versées par décision de justice) seront donc assujetties aux cotisations pour leur valeur au-delà de 3 plafonds.
Les indemnités déjà actuellement exclues dans la limite d'un multiple du plafond annuel (indemnités de licenciement hors PSE, indemnité conventionnelle de rupture pour les salariés ne pouvant pas bénéficier d'une pension de retraite, les indemnités de mise à la retraite) seront exonérées dans la limite de 3 plafonds annuels. Lorsque leur valeur sera inférieure à ce plafond, leur limite d'exclusion sera, comme actuellement, le plus élevé entre les 3 montants suivants :
- le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle;
- le double de la rémunération annuelle;
- 50 % de l'indemnité.
Remarque: les montants résultant du double de la rémunération annuelle et de 50 % de l'indemnité sont pris en compte dans la limite de 3 plafonds annuels.
Adossement de l'assiette de la CSG et de la CRDS sur celle des cotisations
En 2012, la part des indemnités de rupture assujettie à la CSG et la CRDS ne peut pas être inférieure à celle retenue pour le calcul des cotisations.
Les indemnités de rupture sont donc assujetties aux contributions CSG et CRDS pour leur fraction dépassant la valeur de 3 plafond annuels de la Sécurité sociale.
Les indemnités dont le montant est inférieur à ce plafond seront soumises, comme actuellement, pour la fraction qui dépasse l'indemnité légale ou conventionnelle prévue pour le motif de rupture, et à défaut, pour la fraction qui excède le montant de l'indemnité légale ou conventionnel de licenciement.
Période transitoire
Pour les indemnités de rupture versées en 2011, au titre des ruptures prenant effet le 31 décembre 2010, la valeur de 3 plafonds est porté à 6. En pratique cela signifie que seules les indemnités de rupture actuellement exclues intégralement seront assujetties pour la fraction qui dépasse la valeur de 6 plafonds annuels de cotisations de Sécurité sociale (soit 212112 euros).
Les autres indemnités de rupture restent exclues dans leurs limites actuelles.
Remarque: les ruptures prenant effet le 31 décembre 2010 sont celles qui sont notifiées au salarié ou à l'administration (en cas de licenciement collectif économique) le 31 décembre 2010.
Les indemnités de rupture versées en 2011, au titre d'une rupture prenant effet en 2001 sont assujetties également pour leur fraction qui dépasse cette valeur de 6 plafonds. Toutefois, le législateur prévoit de ne retenir, dans la comparaison des indemnités versées avec le montant calculé selon les dispositions prévues par la convention ou l'accord professionnel, que les dispositions des conventions ou des accords en vigueur au 31 décembre 2010.
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